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Le coup de coeur de la semaine :

Cocotte

Synopsis :

À grand pouvoir, grandes responsabilités – mais si l’héroïne était une poule ? Échappée d’un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d’un restaurant en ruine. Là, elle découvre l’amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses œufs. Sa quête, tendre et ironique, résonne avec les combats silencieux et petits arrangements de la vie humaine.

Critique :

Après deux premiers films marquants (l’enthousiasmant « Hic » puis le dérangeant « Taxidermie« ), György Pálfi avait disparu des écrans français depuis 2006 – il n’a pourtant pas chômé entre-temps. Le voilà enfin de retour dans nos salles hexagonales avec « Cocotte« , qui semble s’inscrire dans la longue tradition internationale des films centrés sur un animal. S’il reprend les caractéristiques principales de ce sous-genre (obstacles et dangers en tout genre, ode à l’intelligence animale, traitement relativement anthropomorphique de la psychologie du protagoniste…), le cinéaste hongrois, qui tourne cette fois en Grèce, ne nous livre pas un de ces divertissements stéréotypés (et souvent neuneus) destinés au grand public – notons toutefois que « Cocotte » est très accessible, bien plus que ses deux films cités plus haut.

György Pálfi ne verse pas non plus le simplisme d’un discours animaliste et se montre plus fin que bien des films écrits avec des gros sabots militants. Cela ne l’empêche pourtant pas d’être du côté de l’animal : avec un début digne du « Vilain Petit Canard », il fait tout pour qu’on entre en empathie avec le personnage central, qu’il met magnifiquement en valeur – au point qu’on se demande d’ailleurs si on a déjà vu une poule avec autant de charisme ! Dans une introduction très graphique, le film semble d’ailleurs dénoncer la froideur de l’élevage industriel. Toutefois, il délaisse rapidement ce sujet et Pálfi se sert plutôt du regard animal pour observer les humains avec un adroit décalage. Enchevêtrant le parcours de la poule avec l’activité d’un réseau de passeurs, la lutte du gallinacé pour sa liberté ou sa survie entre ainsi en écho avec le destin d’immigrés clandestins ou avec la volonté d’un homme de s’émanciper des trafics mafieux auxquels il est associé. Ainsi, si tout le récit interroge l’éthique et la dignité des êtres humains, ce n’est pas seulement pour leur attitude envers les animaux (même s’il en est aussi question) mais aussi pour leurs comportements envers eux-mêmes.

C’est en partie parce qu’il évite un message manichéen que « Cocotte » est un grand film. Il faut y ajouter un sens acéré de la mise en scène, qui entremêle le tout avec une intelligente fluidité et qui propose, au sein de ce qui est avant tout un drame, une utilisation régulière de l’humour, par exemple avec une utilisation parodique de la comédie romantique, mais aussi beaucoup d’ironie – tonalité qui n’exclue pas pour autant une vraie tendresse. Plus de 20 ans après, György Pálfi se montre digne de son génial « Hic« .

Les bandes-annonces des films de la semaine :