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Qui brille au combat

Synopsis :

Qui Brille au Combat est le sens étymologique du prénom Bertille, la plus jeune des deux sœurs de la famille Roussier, atteinte d’un handicap lourd au diagnostic incertain. La famille vit dans un équilibre fragile autour de cet enfant qui accapare les efforts et pensées de chacun, et qui pourrait perdre la vie à tout moment. Chacun se construit, vit comme il peut avec les exigences de ce rythme et les incertitudes qui l’accompagnent. Les parents, Madeleine et Gilles, la sœur aînée, Marion. Quel quotidien et quels avenirs pour une mère, un père, un couple, une adolescente que la responsabilité ​ de sa cadette a rendu trop vite adulte ? Lorsqu’un nouveau diagnostic est posé, les cartes sont rebattues et un nouvel horizon se dessine…

Critique :

Qui brille au combat de Joséphine Japy, vu aux festivals de Cannes puis d’Angoulême, est une œuvre solaire dépourvue de pathos. Pour sa première réalisation, la comédienne a choisi de parler de sa sœur Bertille atteinte d’un handicap lourd, le syndrome de Phelan-McDdermid, une maladie génétique rare qui ne facilite pas la vie des siens malgré l’amour inconditionnel qu’ils lui vouent.

Mélanie Laurent, Sara Pachoud et Angelina Woreth incarnent les trois femmes qui habitent ce récit généreux et riche en émotion. « Je suis fière de Joséphine un peu comme une grande sœur. Sa maturité m’a bluffée tout autant que son naturel pour nous diriger », déclare Mélanie Laurent qui avait révélé Joséphine Japy dans Respire qu’elle a elle-même réalisé en 2014.

Le choix de la fiction

« J’ai hésité à faire un documentaire mais j’avais des envies assez cinématographiques pour parler de cette famille, explique Joséphine Japy. J’avais envie de cette narration-là, de cette poésie-là ce qui m’a poussée vers la fiction. C’est aujourd’hui j’ai un peu envie de faire un docu pour approfondir certains sujets. »

On espère qu’elle va passer à l’acte car on aimerait en savoir plus sur Bertille, dont le prénom signifie littéralement « Qui brille au combat ». Elle est interprétée par Sarah Pachoud, dont la performance laisse sans voix tant elle est éblouissante.

Sarah Pachoud et Angelina Woreth entourent Joséphine Japy
Sarah Pachoud et Angelina Woreth entourent Joséphine Japy - Caroline Vié

« J’ai évidemment songé à engager une actrice en situation de handicap, précise Joséphine Japy. Mais il y avait un véritable problème de consentement avec ces jeunes femmes et je trouvais violent de les pousser à jouer sans pouvoir être certaine qu’elles étaient d’accord pour tourner. C’est alors que j’ai compris qu’il me fallait une porte-parole pour représenter Bertille. » Sarah Pachoud se glisse dans la peau de Bertille et c’est une révélation. « J’ai eu l’impression de voir des archives de mon enfance, comme si on les avait filmées au caméscope », se souvient la réalisatrice.

Trois générations unies

L’osmose entre Bertille, sa mère incarnée par Mélanie Laurent et sa sœur jouée par Angelina Woreth constitue un atout majeur pour le film. « Nous étions unies par notre passion pour Bertille et pour Joséphine qui nous dirigeait avec amour et douceur », précise Mélanie Laurent. Pour autant, la réalisatrice ne gomme pas la violence quand Bertille réagit parfois de manière incontrôlable. « Elle montre la réalité du handicap, insiste Sarah Pachoud. Elle n’angélise Bertille à aucun moment et c’est ce qui fait la force de son récit ». Le spectateur ressent profondément la tendresse mais aussi la frustration que la maladie incurable de Bertille peut provoquer chez ses proches et notamment chez sa sœur aînée, souvent contrainte d’en assumer la responsable.

« Je ne me suis pas sentie intimidée à l’idée de jouer l’alter ego de Joséphine. Elle considérait le film comme s’il s’agissait d’une pure fiction ce qui nous donnait une grande liberté. On avait fini par oublier qu’il s’agit de son histoire.  »

Angelina Woreth

La mère de Joséphine Japy a approuvé les choix de sa fille tant pour les interprètes qui jouent la famille que pour la narration. Les actrices ont d’ailleurs eu la possibilité de rencontrer celles qu’elles incarnent. Est-ce cela qui les a inspirées ? Elles nous font aimer Bertille et les siens, des êtres cabossés qui font au mieux pour gérer les cartes que la vie leur a données.

La vraie Bertille a aujourd’hui 29 ans et elle n’a pas encore découvert la belle déclaration d’amour filmée que lui a faite sa sœur. « Je pense qu’elle verra le film un jour, confie Joséphine Japy, même si le cinéma ne l’intéresse pas vraiment. Je n’ai pas fait le film pour qu’elle le voie mais pour que les gens la voient, elle ». C’est une réussite. Bertille vibre dans Qui brille au combat, un film qui porte fièrement son prénom.

Les bandes-annonces des films de la semaine :