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Le coup de coeur de la semaine :

L’Affaire Abdallah

Synopsis :

Le militant libanais Georges Abdallah a été incarcéré près de 41 ans en France. Ce résistant communiste pro-palestinien s’est vu affubler de l’étiquette  »terroriste ». À tort. Une incroyable fake news et de fortes pressions exercées par les États-Unis sur la France sont à l’origine de cette durée de détention hors-norme. À 74 ans, il a réussi à sortir de prison, debout, ses convictions politiques intactes.

Critique :

Pierre Carles, habitué des documentaires historiques et judiciaires, forcément souvent teintés de politique (« Pas vu pas pris« , « Enfin pris ?« , « La Sociologie est un sport de combat« , « Attention danger travail« , « Fin de concession« …) nous revient avec un documentaire hautement documenté, tentant de retracer les événements et parcours autour de Georges Ibrahim Abdallah, libanais d’origine palestinienne, incarcéré pendant 41 ans en France (il est sorti en 2025) pouvant expliquer sa permanence en prison, alors qu’il aurait dû en sortir en 1988. Hautement accusateur vis à vis de la prétendue séparation des pouvoirs politique et judiciaire, son film met aussi en avant l’absence de réel contre pouvoir médiatique, pointant les failles des enquêtes journalistiques, avec l’aide de certains d’entre eux se repentant de leurs écrits et actions de l’époque.

Car c’est dans les rouages d’un emballement médiatique, ayant mené à une véritable erreur judiciaire, ceci avec l’aide d’un pouvoir chaque fois compatissant avec les intérêts de puissances étrangères (les États Unis en tête, que quelques documents accablent dans leurs ingérences…), que nous plonge le cinéaste. Ulcérant par la démonstration qu’il apporte, à grands renforts d’archives télés, d’extraits de correspondances et de témoignages, ce documentaire, adossé à un impressionnant travail de recherches, choisit cependant d’introduire cet homme par une simple visite en prison, montrant celui-ci souriant, posé, mais toujours engagé, et ayant survécu grâce à la persistance d’un rapport avec son environnement et de contacts avec son entourage. Démontant, avec visiblement peu de moyens, l’accusation sans aucune preuve d’être à la tête des FARL qui a revendiqué les deux attentats initiaux, en donnant entre autres la parole à ceux qui rappellent que les victimes étaient tout sauf « des personnes innocentes », pointant du doigt l’incohérence de témoins pour lesquels « tous les barbus proche-orientaux se ressemblent », et parvenant à trouver les personnes ayant été bloquantes dans sa libération, Pierre Carles réussit un documentaire qui tient en haleine et qui rappelle que dans le conflit israélo-palestinien les prisonniers politiques sont encore fort nombreux et que tous ne sont probable pas des terroristes.

Les bandes-annonces des films de la semaine :