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Lady Nazca

Synopsis :

Tout public

Pérou, 1936. Maria, jeune enseignante à Lima, rencontre Paul d’Harcourt, archéologue français. Ce dernier l’emmène dans le désert de Nazca où elle découvre un vestige millénaire qui va peu à peu devenir le combat de sa vie…

D’après une histoire vraie. Inspiré de la vie de l’archéologue Maria Reiche.

Critique :

Après une carrière discrète de comédien, le Suisse Damien Dorsaz passe à la réalisation et nous raconte l’histoire d’une jeune femme qui cherche sa place dans le monde et finit par la trouver au milieu du désert péruvien. Un récit inspiré par sa rencontre en 1996 avec Maria Reiche à qui il consacre un documentaire en 2006. Fasciné par le parcours hors du commun de cette femme, il en fait le thème de son premier long-métrage à travers ce qui n’est ni un biopic, ni une reconstitution historique mais bien plutôt une quête existentielle.

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Au milieu des années 1930, alors que l’Europe s’enfonce dans le fascisme, Maria (Devrim Lingnau), citoyenne allemande née à Dresde, s’exile au Pérou. Entre les cours de mathématiques qu’elle dispense aux lycéens de Lima et son concubinage avec Amy, sa vie se déroule dans un confort monotone, d’autant que les sorties et la vie mondaine ne l’intéressent pas vraiment. Pourtant, sur l’insistance de son amie, elle se rend à une soirée au cours de laquelle elle fait la connaissance d’un charmant archéologue français ? Paul d’Harcourt, (Guillaume Gallienne) qui l’embauche pour traduire des textes abandonnés par l’archéologue précédent, de langue allemande. Une douce complicité se tisse entre eux et c’est donc tout naturellement qu’elle accepte de le suivre à Nazca où il effectue des fouilles. Immédiatement, son esprit rompu à la classification des lignes est attiré par ces traces laissées sur le sol que même son ami Paul tient pour quantité négligeable. Elle qui cherche à donner un sens à sa vie trouve enfin une ligne directrice grâce à la découverte de ces géoglyphes, dits lignes de Nazca, créés entre 300 avant Jésus-Christ et l’an 600. Abandonnant son poste de professeure, mettant en péril son couple, Maria renonce à une existence banalisée pour entrer en osmose totale avec un monde qui lui correspond parfaitement, même s’il est abrupt et sommaire.

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Dans une mise en scène épurée qui laisse toute la place à son personnage principal se déroule le combat solitaire de Maria. Au delà de l’incompréhension de son entourage, elle doit aussi se battre contre l’indifférence des autorités et l’autocratie d’un tyran local bien plus préoccupé par le rendement de son business que par la préservation du patrimoine de son pays, rappelant au passage que la réflexion écologique ne date pas d’aujourd’hui. Mais plus attentif au cheminement intérieur de son héroïne qu’aux abus de pouvoir ou aux dérives coloniales, pourtant brièvement évoquées, le film tend à transmettre, sans la moindre redondance, la constance et le feu qui animent cette infatigable pionnière et la grâce qui en découle, tandis que de superbes paysages de plateaux désertiques inondés de tons ocres célèbrent la beauté de cette liberté enfin trouvée.
Devrim Lingnau, jeune actrice allemande que l’on a pu voir dans la série Netflix L’impératrice, apporte à la fois émotion, énergie et retenue à son personnage, pendant que Guillaume Gallienne, impeccable sous les traits de cet architecte enjôleur et décontracté, navigue avec aisance dans cet univers spirituel et minéral.
À qui s’est un jour interrogé sur sa place dans le monde, Lady Naszca accorde un début de réponse. Mais bien plus encore, il propose la découverte, sans doute romancée mais néanmoins captivante, d’une figure légendaire de l’archéologie du XXe siècle. 

Les bandes-annonces des films de la semaine :