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Le coup de coeur de la semaine :

Un grand raccourci

Synopsis :

Interdit – 12 ans

 

Arnold, une souris de la classe moyenne au chômage, traverse une crise existentielle profonde. Il vit dans une ville ou l’entreprise ultralibérale A.L.M.A. dirige tout ; abrutissant la population pour mieux imposer sa loi. Contrairement à sa femme María, Arnold a depuis longtemps l’impression que ce monde est irréel et faux. Décidant de se rebeller contre la société, quitte à devoir affronter ses soi-disant amis, ses voisins, ses médecins, Arnold élabore un plan astucieux pour s’échapper de la ville afin de commencer une nouvelle vie.

Critique :

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Se distinguant dans le monde de l’animation par ses univers très sombres, mêlant des éléments très enfantins (licornes, petites souris aux grands yeux évoquant de loin Mickey, ou ici canard façon Donald Duck…) à des sujets très sérieux et des propensions des personnages à la dépression ou à la violence, Alberto Vazquez crée souvent des mondes perturbants. Après le génial et cérébral « Psiconautas« , puis le très violent « Unicorn Wars« , son nouveau conte pour adultes s’intitule « Decorado« . Il adapte ici son propre court métrage, primé à Cannes et passé par Annecy en 2016, pour lequel il vient d’obtenir le Prix Paul Grimault au Festival d’Annecy. Si on retrouve d’ailleurs dans ce long métrage, la plupart des personnages (une souris au chômage depuis 5 ans, un canard star déchue de la télé et du ciné, un démon aux yeux rouges, une sirène inversée aux jambes humaines et buste de poisson…), il abandonne cependant l’aspect très morcelé du court, composé de petites bribes d’histoires, ponctuées par un chant du titre sur des tonalités diverses. Cela lui permet de donner plus de cohérence à son histoire, qui interroge l’aspect cauchemardesque d’un monde entièrement voué au travail et à la consommation, et l’issue possible de ceux qui se rendent compte de leur aliénation et souhaitent y échapper.

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Cette fois la couleur remplace le noir et blanc, dans des mariages souvent signifiants, avec cependant parfois une intrusion du sépia (un souvenir…) ou du noir et blanc (les apparitions de la fameuse fée « dépression » dont seuls la bouche et les yeux revêtent d’autres coloris), donnant à l’ensemble un aspect conte enfantin, que les effets de lever et baisser de rideau initial et final confirment. Mais globalement la tonalité du métrage, si elle reste douce-amère dans l’ensemble, met en avant l’amour et le lien, face à une société de plus en plus déshumanisée et contrôlée. Usant des contrastes et soulignant régulièrement l’absurde, Vazquez réussit un nouveau conte aux sombres élans, où les maux du monde ont des conséquences sur le mental comme sur la rage des personnages, prêts à exploser. Dystopie globalement peu optimiste, « Decorado » nous invite dans un univers à part, plein de couleurs, faisant se rejoindre les destinés de ceux qui voudraient sortir d’un monde artificiel dans lequel ils se sentent enfermés, ceci pour mieux nous interroger sur le monde actuel… pas si lointain.

Les bandes-annonces des films de la semaine :