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Le coup de coeur de la semaine :
Les goûteuses d'Hitler
Synopsis :
Durant la Seconde Guerre mondiale, Rosa est recrutée comme « goûteuse » pour le chef du parti nazi, Adolf Hitler. Trois fois par jour, la jeune femme et d’autres camarades doivent manger afin de s’assurer que la nourriture n’est pas empoisonnée. Chaque bouchée sera peut-être la dernière…
Critique :
Le assaggiatrici commence avec l’arrivée de l’héroïne, Rosa (Elisa Schlott), chez ses beaux-parents, dans un village de Prusse orientale nommé Gross-Partsch (à présent Parcz, en Pologne). Nous sommes en novembre 1943, l’Armée rouge soviétique avance, l’armée de l’air britannique a déjà lancé ses premières bombes sur Berlin, et Rosa a fui la capitale pour un lieu plus sûr, tandis que son mari Gregor est sur le front russe. Dans le village, tout le monde sait qu’à moins de 3 km, dans une épaisse forêt entourée de fils barbelés, se trouve la Wolfsschanze (la Tanière du loup), le quartier général oriental d’Hitler. Quelques jours après seulement, les SS viennent réquisitionner Rosa et l’emmènent, avec six autres jeunes Allemandes du village, jusqu’à Krausendorf (aujourd’hui Kruszewiec), où les cuisiniers préparent les repas des résidents de La Tanière du loup. Rosa « la Berlinoise », n’est initialement pas bien vue, mais elle est ensuite acceptée, du fait du destin commun qu’elle partage avec les autres jeunes filles, toutes terrorisée par la mission qui leur a été assignée. Au cours du film, notre personnage se lie en particulier d’amitié avec Elfriede (Alma Hasun), une fille timide et distante.

L’image récurrente qui s’imprime le plus fortement dans l’esprit du spectateur est celle des sept jeunes femmes assises autour de la table dressée, sous l’œil vigilant des soldats SS, tandis que le cuisinier (Boris Aljinović) présente les plats et livre quelques détails sur les préférences du Führer (« il adore le chocolat »). Le chef opérateur Renato Berta donne aux images cette teinte un peu sépia typique des classiques des années 1960 sur la guerre. Quand arrive la nouvelle que Gregor a disparu en Ukraine, Rosa perd tout intérêt pour son avenir à elle et, comme pour étouffer l’idée de mort, s’abandonne à une relation secrète avec le lieutenant SS Ziegler (Max Riemelt). C’est de l’officier que va venir la prise de conscience par l’héroïne des horreurs de la guerre, quand il est soudain pris de remords se r-trouve pris vient de l’officier, pris de remords pour la brutalité avec laquelle il a exécuté les ordres de ses supérieurs. Tout tient en quelques phrases seulement, alors que cette conscience des faits aurait mérité plus d’espace et un traitement plus approfondi. Comme dans La Zone d’intérêt, le coeur du mal est tout près, mais invisible, sauf qu’ici, la tension qui devrait résulter de la conscience de la barbarie à l’œuvre de l’autre côté des barbelés n’atteint jamais la cote d’alerte et éclate de manière plutôt hâtive et hésitante, quand est révélée la présence d’une juive en fuite parmi les goûteuses.

Dans ce travail qui est son premier film d’époque, tourné en allemand, Soldini se concentre surtout sur le point de vue des femmes, respectant en cela le roman. Le scénario s’intéresse avant tout à la sororité entre les femmes qui, au cœur de la grande supercherie totalitaire collective qui est en train de s’écrouler misérablement, subissent leur implication malgré elles dans cette impitoyable hallucination masculine, et une violence dont elles sont et seront toujours les victimes, dans toutes les guerres et à toutes les époques. Le film mentionne l’attentat manqué de juillet 1944 et l’allocution radiophonique subséquente d’Hitler, qui parle du « devoir qui m’a été confié par la providence », et on peut difficilement s’empêcher de songer aux mots récents d’un chef d’État touché à l’oreille par un projectile, en juillet dernier.
