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Le coup de coeur de la semaine :
Cap Farewell
Synopsis :
Toni, une jeune femme de 24 ans, sort de prison et doit retourner vivre chez sa mère Betty. Déterminée à renouer avec sa fille Anna, elle travaille dans la brasserie de son oncle. De nouveau, elle se retrouve impliquée dans les affaires de contrebande de son amour d’enfance, Max, le père d’Anna. Toni devra faire preuve de combativité pour se libérer de cet environnement toxique…
Critique :
Coincée entre terre et mer, Toni est également piégée entre deux vies : l’une appelle à l’évasion, l’autre ne peut que l’entraîner dans les profondeurs instables du vice. Cap Farewell met ainsi en scène une jeune femme à l’intersection de son destin, au moment décisif où il lui faut choisir entre avancer vers la liberté ou replonger dans un enfer qu’elle croyait derrière elle.
Paradoxalement, Cap Farewell ne fait jamais de cette bifurcation un récit de l’urgence. Au contraire, le film semble s’inscrire dans un certain calme après la tempête, où Toni peut enfin reprendre le cours d’une existence laissée en suspens. Les retrouvailles sont chaleureuses, sans être toujours salvatrices. Il y a cette mère protectrice, peut-être trop, une fille encore baignée dans l’innocence. Mais ce retour marque aussi des retrouvailles plus sombres, qu’il s’agisse de Max, petit trafiquant resté prisonnier de ses habitudes, ou de Franck, un oncle mystérieux loin d’être irréprochable.
L’une des grandes forces du long-métrage réside justement dans sa capacité à faire de chacun de ses personnages un enjeu distinct, susceptible d’influer, à sa manière, sur l’avenir de Toni. Au bord du précipice, la jeune femme incarnée par Noée Abita manque de retomber dans ses anciens travers, l’appel du crime ressurgissant comme une vieille connaissance dont on peine à se défaire. Fort heureusement, il y a ce phare, métaphore certes peu discrète mais efficace d’un dernier espoir, dressé au-delà d’un océan insondable et de sa grisaille permanente.

C’est cette volonté de persévérer qui donne au film son véritable attrait, nourrissant chez les spectateur·ices le désir de voir ce personnage, habité par le remords, enfin parvenir à s’en sortir.
Jakarta, Chandernagor, Valparaíso, Baltimore, Vancouver, Cap Farewell… Toni répète inlassablement ces quelques villes pour apaiser ses angoisses. Elle se projette, imagine un avenir plus clément malgré les poids attachés à ses pieds, toujours prêts à la faire sombrer dans les abysses de la baie. Si le film de Vanja d’Alcantara s’attarde parfois un peu trop sur les à-côtés de son drame, il n’en demeure pas moins un récit de rédemption touchant, où l’innocence de la jeunesse tente encore de guider les cœurs meurtris, comme si un simple pardon pouvait suffire à les réparer.
